Wednesday, March 7, 2012

Le jardin de pierre


Petra.
Du grec ancien, qui signifie pierre.
En langue sémite Raqmu, la bariolée.
Cette ville, fondée il y a 2800 ans, est logée dans une immense vallée qui agit comme une cuvette naturelle, permettant d’accumuler l’eau de pluie, essentielle dans cette région désertique. L’eau, source de la richesse de Petra, qui était située sur la route des caravanes où transitaient l’encens, les épices et les produits de luxe vers l’Égypte, la Syrie, la Méditérannée.
Petra la rose, avec ses palais grandioses taillés directement dans les parois de grès aux couleurs chaudes, a connu son apogée quelques siècles avant et après Jésus-Christ. La ville des Édomites, puis des Nabatéens, des peuples dont les noms résonnent encore dans l’Ancien Testament. Il est difficile de croire qu'à l'époque c'était une mégapole de 230 000 habitants, qui vivaient nichés dans la roc, ou dans des maisons de pierre dans la vallée, et les plus riches dans des palais. Le chatoiement des couleurs nous laisse pantois. Comme le décrit un poète anglais du 19e siècle, Petra, a rose-red city half as old as time. Petra maintenant morte, victime de plusieurs tremblements de terre et de la création de nouvelles routes commerciales. Mais du haut d’un temple dédié à une déesse maintenant oubliée, au coucher du soleil, quand la lumière chaude caresse la pierre ocre, on entend presque le brouhaha de la cité grouillante de vie, les cheptels de chameaux qu’on charge de marchandise pour de longs voyages, le ruissellement de l’eau qui coule dans les artères de la ville.

Premier contact avec Petra. Place commerciale, fin de journée.
le Siq, canyon d'entrée de la Petra,



Une maison typique, creusée dans une pierre aux couleurs psychédéliques.

Petra, ce sont aussi des milliers de marches pour atteindre des sommets de plusieurs centaines de mètres, entourant la vallée que nous gravissons, essoufflés mais émerveillés de découvrir dans les hauteurs des paysages d'un autre âge. On se fait des cuisses et des mollets. Florence, forte de sa compétition de 60 km de ski de fond, mène le bal. Elle a la patience de nous attendre lorsque nécessaire, s'amourachant, chemin faisant, de tous les minous qui peuplent les ruines.

Florence au sommet du Sacrifice (1100 marches...)

Les vrais maîtres de Petra,

Au début de l'ascension des 800 marches vers le monastère, Florence et Ève Marie captent une conversation entre 2 touristes français:

-- C'est parce que tu sais, dans l'ancien testament, Dieu il était pas cool...
-- Comment ça pas cool?
-- Ben il faisait des trucs pas cool comme à Babel quoi...
-- Ah c'est quoi Babel?
-- Ben c'était une tour que les hommes ont construit pour s'approcher de Dieu...
-- Ils ont construit une tour? C'est ce qu'on va voir maintenant?
-- Non non, parce que Dieu, il l'a défaite, la tour.
-- Ah bon, et pourquoi?
-- Parce que les hommes voulaient s'approcher de Dieu, et lui, il voulait pas.
-- Ben pourquoi il voulait pas?
-- Parce que s'ils s'approchaient de lui, ben du coup ils se prendraient pour Dieu.
-- Alors qu'est-ce qu'il a fait?
-- Ben c'est là qu'il a créé toutes les langues pour que les hommes se comprennent plus et puissent plus travailler ensemble.
-- Et la tour elle, on peut la voir, elle est ici?
-- Ben non, je te dis: Dieu l'a détruite.
-- Ah, bon et comment il a fait?
-- Ben du coup il l'a pétée.
-- Ah bon. Mais dis donc, Babel, c'est pas une des 7 merveilles du monde ça?

Notre ami Lippy, qui a entendu la conversation des touristes Français et qui n'en revient pas...

Nous croisons des "chauffeurs" de mules, de dromadaires, d'ânes et de chevaux sympathiques (les chauffeurs, comme les bêtes!). Ce qui nous brise le coeur par contre, ce sont les femmes et les enfants marchands de babioles, qui sont harcelants, trop insistants, ce que nous n'avions pas vu encore en Jordanie. On a vu une mère enseigner à son bambin ses premiers mots: "One JD" (one Jordan dollar, le prix courant pour tous les gugusses touristiques). Une fillette, particulièrement rusée, réussit à nous vendre des cartes postales en nous les glissant sous le bras, puis en s'éloignant, sachant très bien que nous n'aurions pas le coeur de les garder sans payer...

C'est le début de la journée de travail pour les employés du site.

Une vendeuse bédouine, qui chantait, dansait, nous offrait des bouts de roche pour quelques JDs.

Deux jours plus tard nous repartons, émus d'avoir foulé ce sol, d'avoir visité ces maisons, ces temples, ces places publiques, dont nous avons à plusieurs reprises sentie l'âme, plusieurs millénaires plus tard. Une population disparue, mais dont les ombres peuplent maintenant nos souvenirs.

Pièces communicantes d'un temple dans le roc.


Ève Marie devant le Monastère.



Instant de bonheur au soleil.
Autre moment de bonheur.


Les couleurs...

Maisons et commerces creusés dans la pierre

Travail de restoration des mosaïques de la chapelle byzantine de Petra.
Gardien de Petra en habit traditionnel. Il s'appelle...Mohammed.
La trésoreroie, le palais le plus connu de Petra.
Pierres et colonnes, seuls vestiges des maisons détruites en 363 ap. J.-C.
Moment d'éternité à Petra.


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